Avant d'écrire la moindre ligne de code, sept questions décident si votre idée de SaaS mérite d'exister : quel problème vous résolvez, pour qui, à quel point ces gens sont prêts à payer, quel périmètre pour la V1, en quoi vous êtes différent, par quel canal vous allez acquérir vos premiers clients, et comment vous mesurerez le succès. Y répondre franchement prend une journée. L'ignorer coûte des mois de développement et des dizaines de milliers d'euros sur un produit que personne n'attend.
Les 7 questions, en une checklist
- Le problème : quel problème concret, fréquent et douloureux résolvez-vous ?
- La cible : qui exactement le vit, au point d'y chercher une solution aujourd'hui ?
- Le willingness to pay : ces gens paient-ils déjà pour le résoudre, et combien ?
- Le périmètre V1 : quels 3 à 5 parcours suffisent à prouver la valeur ?
- La différenciation : pourquoi vous plutôt que l'existant ou un tableur ?
- Le canal d'acquisition : par où arrivent vos 10 premiers clients ?
- La mesure du succès : quel chiffre unique dit que ça marche dans 90 jours ?
Le trio qui décide s'il y a un marché
Les trois premières questions valident la demande. Un problème qui vaut un SaaS est fréquent (il revient chaque semaine, pas une fois par an) et douloureux (il coûte du temps, de l'argent ou du stress). La cible doit être assez précise pour que vous puissiez nommer dix personnes concrètes à appeler demain. Et le signal le plus fiable reste le willingness to pay : si vos futurs clients bricolent déjà une solution avec des tableurs, des outils payants ou un prestataire, la douleur est réelle. S'ils n'ont jamais rien déboursé, méfiez-vous.
Ce que vous construisez vraiment
Les questions 4 et 5 définissent le produit. Le périmètre V1 doit tenir en 3 à 5 parcours essentiels : tout le reste est du bruit qui retarde le lancement. La différenciation, elle, ne se joue pas sur une liste de fonctionnalités mais sur un angle clair — un segment mal servi, une intégration que personne ne fait, une rapidité que les gros ne peuvent pas offrir. Si votre seule réponse est « en mieux », vous n'avez pas encore de différenciation.
Coder est la partie facile. La partie chère, c'est de construire pendant six mois quelque chose que personne ne veut acheter.
Comment vous l'amenez au marché
Les deux dernières questions décident de la survie. Un bon produit sans canal d'acquisition ne trouve pas ses clients : sachez, avant de coder, d'où viennent vos dix premiers (réseau, communautés, SEO, prospection directe, partenariats). Et fixez une seule métrique de succès à 90 jours — clients payants, revenu récurrent, taux de rétention — pour trancher objectivement entre persévérer et pivoter, plutôt que de vous raconter des histoires.
Une fois ces sept réponses écrites noir sur blanc, le développement devient simple et rapide. C'est exactement le cadrage qu'on fait chez Khufu avant de livrer une V1 en production en 7 jours, à prix fixe de 15 000 € : un périmètre serré, validé en amont, pour construire uniquement ce qui prouve la valeur — et rien d'autre.